Coup d’Etat (golpe), dictature, on pourrait le croire à entendre ou lire les les commentaires dont les médias nous ont accablé ce lundi matin.
Ce court article n’a pas pour but de défendre ni d’accuser de quelque manière que ce soit Mr Chavez. Voir à ce sujet nos articles précédents relatant les critiques (acérées !) de nos camarades anarchistes vénézuéliens.
Mais, si nous n’étions pas résolument opposés au système électoral lié à cette fameuse démocratie représentative, nous pourrions reprendre à notre compte les paroles du « Libertador », Simon Bolivar lui-même :
Nada es tan peligroso como dejar permanecer largo tiempo a un mismo ciudadano en el poder. El pueblo se acostumbra a obedecerle, y él a mandarlo, de donde se origina la usurpación y la tiranía”. Simón Bolívar. (Discurso de Angostura, 15 de febrero de 1819). [1]
Mais ce qui nous intéresse ici ce sont les critiques formulées par nos excellents médias.
Ce matin, par exemple, sur France Culture, Mr Alexandre Adler crachant (au « propre » comme au figuré) dans le micro, d’abord cauteleux en signalant l’action de Chavez vers les plus pauvres et en admettant que le référendum s’était déroulé « sans tricherie excessive », lançait ensuite un grand plaidoyer pour la démocratie, citant Bolivar et Bétancourt (qui vers 1945 pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat !!). C’était là, de la part d’un ancien stalinien, un avis particulièrement éclairé.
Ce qui revient le plus dans les commentaires médiatiques c’est l’idée que de se présenter à l’élection ad libitum serait synonyme de pouvoir à vie. C’est, de leur part, faire peu de cas de cette fameuse démocratie dont ils nous rebattent les oreilles à tout propos. En effet, et tant que les élections sont libres et en l’absence de fraude électorales (mais ou en est l’affaire de bulletins de vote dans les chaussette ?) c’est faire injure au système et aux électeurs que de dire que la possibilité de pouvoir se présenter plusieurs fois conduit à la dictature. En disant cela, nos commentateurs nous laissent à penser qu’ils ne croient pas eux-mêmes à la sacro sainte démocratie.
Autre élément qui irrite et fait réagir nos informateurs bien pensants c’est le fait que Chavez, après un premier échec (démocratiquement accepté) ait soumis de nouveau sa proposition aux vénézuéliens. C’est vrai qu’il s’agit là d’une pratique, propre aux Républiques bananières, qu’on ne saurait tolérer dans notre Occident civilisé. Imaginer un seul instant que l’on puisse faire voter de nouveau la population d’un pays européen dans l’espoir que sa réponse sera conforme aux souhaits des pouvoirs en place serait complètement.... déplacé.
Mais nos courageux critiques si prompts à dénoncer Chavez et le « chavisme » sont souvent frappés de mutisme (ou d’amnésie) lorsqu’il s’agit de certains régimes comme celui de notre ami Ben Ali bien parti pour être, à vie, le père de la Nation fort de scores de l’ordre de 98%.
Et que pensent-ils de ce brave Moubarak démocratiquement élu depuis 1981 (28 ans seulement) qui, en bon père pense que son fils est apte à lui succéder et qui, tranquillement, sans être « embêté » par ces fouille-merde de journalistes peut réprimer, embastiller, censurer ?.
Et le petit Bouteflika qui, sans rien demander à personne, va, comme un grand, vers son troisième mandat, qu’en pensent-ils ?.
Et notre ami le roi M6 qui n’a besoin de l’avis de personne pour rester scotché sur son trône et qui, lui aussi, réprime tranquillement, démocratiquement ?
Et le grand ami de l’Occident tout entier ce bon Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud (ouf !) grand coupeur de mains, amateur de lapidation, comment va-t-il ?
Et... Et... Et...
Enfin, d’autres commentateurs ont fort justement souligné qu’un score de 54,36% démontrait que Chavez avait à faire face à une force oppositionnelle considérable. S’il n’avait obtenu que 53% (comme Niko 1er) ils auraient surement conclu à une victoire de l’opposition.
Groupe Nada / Toulon