La cavalerie blindée à l’assaut des écoles
Prenez Darcos, Xavier, ministre de l’Intérieur chargé de l’éducation. Sous prétexte d’un fais divers, il propose d’instaurer une sorte de police des écoles apte à fouiller les élèves. Et même, les directeurs d’établissements scolaires ou les inspecteurs d’académie pourraient devenir des officiers de police judiciaire !!! Hop, vous videz vos tripes. Pas sûr que Le Pen ait prévu ça dans son programme. Cette dernière proposition ne sera probablement pas retenue, mais le ministre a tout de même osé l’avancer, c’est dire. À croire que monsieur Darcos a trouvé l’idée dans un bar de beaufs ivres morts. « Ah beuha ’a qu’à les fouiller ’a qu’à leur couper les vivres ! »
Le projet de sanctionner financièrement les parents dits « démissionnaires » ressurgit. Cette idée est complètement débile, en quoi punir des pauvres en les rendant plus pauvres encore arrangerait les choses ? Cela ne les aggraverait-il pas ? Jeter de l’huile sur le feu, c’est bien connu, est la meilleure façon de gérer le problème. Ça ne se discute même pas tellement c’est con. En réalité, ce n’est pas « con », c’est purement idéologique. Se pencher vraiment sur le problème impliquerait de remonter aux causes sociales de la violence (eh oui), soit, un véritable blasphème en $arkocratie. Non ! Les « méchants » sont méchants, c’est leur nature, il faut sévir toujours plus fort ! Et même si la politique de la matraque aggrave en vérité le problème et sème le trouble et le désordre, tant pis, tant mieux, tant qu’on ne remet pas en cause l’injustice économique et sociale, ça roule, de plus y’a même des dividendes électoraux à en tirer. Alors, ils ne vont pas s’arrêter à jeter l’huile sur le feu, et même, ils empilent les bidons d’essence !
Tripes vides, il vous faudra vomir encore avec l’arrestation ostentatoire d’élèves de six à dix ans ! L’« affaire » commence par une dénonciation d’une parent d’élève – qui finalement porte plainte – au directeur, l’un était accusé d’avoir volé un vélo. Sûrement deux graines de truands terroristes cannibales en devenir. L’affaire s’est révélée être un malentendu, l’ennemi public n°1 de dix ans était au guidon d’un vélo qui lui avait été donné. Épilogue lu dans le journal Sud-Ouest, la mère de l’enfant de dix ans a « fourni une attestation sur l’honneur du donneur [de vélo], un adjudant-chef de la base aérienne 106, à Mérignac, qui le lui avait offert il y a plus d’un an et demi. » « C’est maintenant un vélo pourri, personne n’en voudrait » a-t-elle précisé.
Plainte est déposée et, selon Sud-Ouest, seulement « quelques instants plus tard » (il y avait urgence !) un policier appelle le directeur et relève l’identité de l’élève par la ruse en affirmant au directeur « vouloir essayer de régler ça tranquillement ». Ben, fallait pas le croire. Que ça serve de leçon aux directeurs, gravez cette règle d’or dans le marbre : quand le policier vous dit qu’il va régler « tranquillement » un problème, attendez-vous à voir surgir la cavalerie blindée. Soit, ici, une opération « cowboys » avec six flics dans deux voitures pour arrêter les deux monstres à la sortie de l’école. « Affaire résolue, chef ! » et rondement menée. Bon pour les statistiques du commissariat, vous pouvez cocher la case correspondante monsieur l’agent, vous aurez un sucre. Un vent de démence semble souffler dans ce pays. Mais que peut-il bien se passer dans la tête de ces hommes en bleu quand ils partent à six en direction de l’école arrêter deux gosses totalisant seize années à eux deux pour une telle broutille ? Racontent-ils leur exploits à leurs compagnes ? « Chérie, aujourd’hui, on a emballé deux voyous de 6 et 10 ans, on était six », ou alors ils se taisent ? Épouses de flics : demandez à vos maris l’âge des suspects qu’ils arrêtent, histoire de voir...
Pourtant « l’affaire » aurait pu se dénouer discrètement. Il n’y en a pas eu un seul pour arrêter le délire et dire « attendez, ça déraille, j’y vais tout seul, j’appelle la mère pour voir ce qu’il en est » ou je ne sais quoi de plus raisonnable que l’envoi d’un corps expéditionnaire à la sortie de l’école ? Suffisait de contacter la mère, de recueillir l’avis de l’adjudant-chef témoignant du don du vélo.
Évidemment, constater rapidement qu’il n’y a pas « d’affaire », ça ne donne rien de bon pour les statistiques, pas de case à cocher, pas de sucre. Si demain notre société arrive à se libérer de la chape de plomb qui l’écrase, les historiens devront se former en psychiatrie pour tenter d’aborder notre époque. Comment analyser le truc ? Démence généralisée ? État-policier où tout doit se régler par des opérations cowboys ?
Autant on comprend la politique de l’antiterrorisme (qui ne s’occupe en rien de terrorisme, le vrai) qui est une manière de gouverner un pays par l’intimidation en créant une menace « terroriste » intérieure complètement inventée. C’est une stratégie de la tension visant à désamorcer préventivement tout mouvement social d’ampleur (comme l’arrivée d’un nouveau mai 68) par des arrestations, garde-à-vues et harcèlement de « l’ennemi intérieur », c’est-à-dire, tout ce qui est à gauche du PS. Cet « opposant » officiel qui a la qualité de partager peu ou prou le même programme de gouvernement que la junte aujourd’hui en place.
Mais intimider des gamins de six / dix ans ? Faire des écoles des commissariats ? On flatte l’électorat beauf des comptoirs, d’accord, mais ceux-ci ne sont tout de même pas des dizaines de millions d’électeurs-potentiels férus de matraques et de flics tout en biscotos et carapaces restaurant « l’ordre » chez les « sauvages » des écoles ! La disproportion est telle que cette manière de maintenir « l’ordre » crée mille désordres, c’est une évidence. Est-ce là le but, mille désordres étant mués en mille répressions et mille tours de vis supplémentaires ? C’est déjà vrai avec des adultes arrêtés pour des futilités des plus désarmantes, mais là il s’agit de gosses ! La France a bel et bien, jadis, signé des traités et conventions internationales sur le respects des droits de l’enfant, notamment celui d’échapper à la violence, surement que c’était « pour de rire ». Ou alors il s’agit de dresser la jeunesse dès le berceau pour qu’elle ait l’habitude de l’État-policier dès les premières années de la vie, l’espoir étant qu’elle accepte d’être partout et tout le temps traitée en subalterne par les chefs en uniformes bleu ? C’est donc parti pour plusieurs décennies d’enflure sécuritaire ? Ou alors l’État a si peur d’un éventuel soulèvement de la jeunesse (à qui tous les horizons sont méticuleusement bouchés par la politique anti-sociale dégoutante du gouvernement) qu’il veut la mater dès, ben, le berceau ? Nous en sommes... « là » ?
Tenez, on va aider Darcos, puisque ses brassages de vent n’empêcheront jamais un élève d’utiliser une arme dans une école, on sait tous que beaucoup d’objets peuvent servir d’arme, pourquoi pas, après le fait divers approprié, autoriser les profs et instits à être armés ? Après tout, pourquoi se gêner ? Ça plairait à la beaufaille avinée, puisque c’est elle qui donne le « la » des politiques publiques. Puisque la droite-décomplexée semble n’avoir aucune limite, allez-y les gars ! Au début, on leur filera « juste » des armes non-mortelles (du moins présentées comme telles) genre Taser ou flashball, gaz, bombes aveuglantes et assourdissantes, bombes au poivre ? Suffira d’adapter les modèles aux enfants, combien de volts sont-ils « admissibles » à l’âge de six ans ? Quel dosage de poivre ?
On l’a déjà dit sur ce site, un État qui a déclaré la guerre à l’enfance est mort, il est gouverné par des morts, servi par des morts, il transpire la mort (odeur comprise, nausée incluse) à grosses gouttes. Une junte, un État, une « société » (appelez-ça comme vous voulez) de cette nature est morte et n’a aucun avenir, mais le problème, c’est qu’elle a un pouvoir de nuisance et de désastre tel qu’elle risque fort de nous priver irrémédiablement d’un avenir digne de ce nom si nous ne savons pas réagir. Mais, encore une fois, qu’attendons-nous pour battre le pavé chaque jour pour faire tomber les minables qui nous exploitent et nous gouvernent ? Nous devrions être plus de dix millions dans les rues ! Et pas trois jours par an hein !
Ubu ? Orwell ? Kafka ?
Choisissez. L’un n’empêche pas l’autre ! L’autocratie grotesque ? L’horreur totalitaire ? Une administration monstrueuse (ici la police) semblant ne plus obéir inexorablement et sans recours qu’à sa propre logique devenue démente, froide et implacable ? Un peu de tout ça ? Il n’est pas toujours facile de trancher. Il y a avant tout une bonne dose de cynisme et de manip’ car ceux qui jouent aux cons et flattent ostensiblement les cons ne le sont pas tant que ça. Malheureusement, la vieille recette fonctionne toujours et encore, mais elle va finir (le plus tôt sera le mieux) par s’user : cacher l’organisation de l’insécurité générale, bien réelle celle-là (insécurité sociale, économique, alimentaire, sanitaire) et corollaire de la tyrannie capitaliste, en moulinant à tout va l’illusion de la sécurité au sens policier du mot où il est plus souvent question, si on y regarde bien, de sentiment d’insécurité que d’insécurité réelle. Mais ce sentiment suffit à faire basculer nombre d’électeurs où il est voulu qu’ils basculent. Et quand cette insécurité-là est bien réelle, elle découle de manière évidente de toutes les précédentes. Ce n’est plus porteur dans les urnes, et monsieur Jospin l’a en quelque sorte officialisé (merci !) en déclarant lors de sa candidature malheureuse à l’Élysée que la « sécurité » (policière) était « la première des libertés » ! Si c’est la première, c’est que toutes autres passent après. Voilà une définition de l’État-policier !
Trop fort le PS, rappelons-nous que ce sont eux qui ont négocié le virage « ultralibéral » (mondialisation capitaliste, pleins-pouvoirs de la finance) de l’Hexagone dans les années 1983-84 sous feu-Mitterrand et le 1er ministre de l’époque un certain Laurent Fabius qui se l’est jouée « de gauche » ces dernières années, surtout lors du référendum sur le traité constitutionnel européen ingurgité par la force deux ans plus tard sous NS 1er avec la complicité du PS, décidément, on ne se refait pas. Et eux aussi, pour conjurer les désordres sociaux et de la délinquance, en ont appelé à l’État-policier. C’est du « propre » ça. C’est dire combien les gens sont gentils de les laisser défiler aux manifs alors que la crise actuelle, par exemple, est une conséquence inévitable de ce qu’ils ont contribué à orchestrer un peu plus de vingts ans plus tôt. C’est dire combien il sera utile de les remettre aux « affaires » dans mille ans après le règne de notre Guide suprêêême adulé qui nous aime et nous le prouve tous les jours en nous protégeant avec tant d’insistance (qui a dit « il nous étouffe » ?)

Et vas-y que je te “rehausse”
Alors, donc, on ne sait plus vers où se tourner devant tant de vomissure et de démence générale. Il en pleut des tonnes chaque jour ! Tenez, hop, l’Union européenne, en dépit de l’expression de l’indignation populaire lors du massacre de Gaza en janvier de cette année, poursuit son projet de rehaussement des relations UE-Israël, sans conditions aucunes ! Il était donc de la plus haute importance pour « l’Europe » de flirter de plus près avec cet État terroriste. Israël tue et viole les droits de l’Homme chaque jour à Gaza ou dans les Territoires ? Voire chez les voisins (Liban 2006, des centaines de civils assassinés par Tsahal – l’armée israélienne) ? S’assoit sur des dizaines de résolutions de l’ONU comme aucun État ne l’a jamais fait, et ce depuis 60 ans, leur junte aux affaires est (elle aussi) d’une droiture décomplexée et inclut dans ses rangs un fasciste déclaré comme le ministre Lieberman ? Pas grave ! Nous voilà « rehaussés » quelles que soient les pratiques d’Israël et quoi qu’on en pense !
Tarnac, une “stratégie de la tension” à la française
Nous sommes dans le rouge à tous les niveaux, état d’alerte maximum, sonnez le tocsin, tous dans la rue pour un bon moment, combien de temps cela va-il pouvoir continuer ? Le harcèlement policier contre les soutiens à Julien Coupat est permanent et l’affaire est montée de toutes pièces. Pas la peine d’enquête approfondie pour s’en rendre compte, la lecture de la presse bourgeoise suffit amplement sur le sujet. Par exemple sur les sites des journaux Libération et Le Monde :
Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac - Rien ! - (lemonde.fr, 26/3/2009)
Sabotages SNCF : une femme interpellée à Paris (libération.fr, 29/4/2009)
Les soutiens de Coupat inquiétés (libération.fr, 23/5/2009)
pour les plus récents.
Voir dans d’autres sources, comme
Les quatre interpellés de Forcalquier sont libres après passage en garde à vue (LDH-Toulon, 21/5/2009)
Antiterrorisme : cinq gardes à vue pour une photo potache (Rue89, 21/5/2009)
Et puis bien sûr le site de soutien
Soutien aux inculpés du 11 novembre
et d’innombrables sites militants.
Par exemple, voir les liens, il y a eu trois arrestations à Rouen dans les soutiens à Julien Coupat. « Selon les enquêteurs, les trois étudiants (deux hommes et une femme) seraient des proches de Coupat. Ils se seraient rendus à Thessalonique, en Grèce, en septembre 2008, pour la Foire internationale. Julien Coupat s’y serait trouvé et aurait pu entrer en contact avec des autonomes allemands. » Typique de la police quand elle n’a aucun élément à charge, elle brode, invente, suppute, faut bien obéir à la ministre (donc au Guide), a bla-bla, sûr que peut-être si ça se trouve il se pourrait que ! Autrement dit, il n’ont RIEN à leur reprocher sauf le fait de soutenir Julien Coupat, ce qui, là est la leçon, est devenu un délit officieux, avec punition immédiate : arrestation souvent musclée, garde-à-vue (à poil ?) pouvant durer plusieurs jours, perquises, scan des ordis... Il s’agit bien ici d’un « délit » politique ! On ne parle pas de propagande prônant la violence etc., mais de solidarité avec un prisonnier dont on remet en cause l’enfermement, hé bien, c’en est trop pour l’État ! Vous avez le droit de le penser, mais surtout de taire une telle pensée, sinon...
Plus près de nous, les arrestations à Forcalquier, toujours chez les soutiens de Coupat. Une simple photo de l’interphone de monsieur Squarcini, chef des renseignements intérieurs, avec à côté du nom un tract brandi à la main (même pas collé), un évident pied-de-nez, a valu arrestation et garde-à-vue de quatre personnes, alors que la photo, qui ne permettait aucunement de savoir où habite le monsieur (si ce n’est qu’on devine que c’est dans le Var), a circulé à titre privé par e-mail. C’est dire la confidentialité des e-mails, à retenir hein ! Hé ben comme d’hab’ : gardav’, ordinateurs embarqués (c’est dire la confidentialité de nos données) tout ça sans aucune poursuite au final d’après ce qu’on en sait. Bon pour les fichiers tout ça.
Internet : bienvenue en Corée du Nord
Et pendant ce temps, pas le temps de digérer ces ignominies, cette scélératesse omniprésente, « le reste » continue, tout aussi grave, par exemple, l’exécution en cours, balle dans la tempe de l’Internet français avec les monstruosités que l’on a déjà évoqué il y a peu comme Hadopi et Loppsi 2. Entendu dans une conférence sur le sujet il y a peu (conférence téléchargeable ici en fichier .ogg. [1]), des partisans du logiciel libre attendent la guillotine Hadopi au tournant. Notamment la publication des spécificités techniques du logiciel dit de « sécurisation » (ou, plus prosaïquement, « espion ») qu’on cherche à nous imposer, ce dernier aura pour rôle officiel de surveiller nos activités sur la Toile afin d’assurer jurent-ils main sur le coeur le cas échéant qu’on ne « pirate » pas une chanson ou un film si l’obus hadopien vous tombe sur la tête, et, si vous n’avez pas installé ce logiciel, vous serez proclamé « coupable ». Un recours est prévu en conseil d’État car ce logiciel sera forcément non-libre (le code sera inaccessible) et donc, il discrimine les utilisateurs de systèmes d’exploitation libres comme les distributions GNU-Linux et donc il interdirait de fait de naviguer sur la Toile en 100 % libre (système d’exploitation et logiciels installés dessus). Même si le logiciel n’est pas dans un 1er stade obligatoire, il plonge ceux qui le refuseront dans une insécurité juridique et une différence de traitement selon le système utilisé. Cet argument suffira-t-il à enrayer la bête ? Pas sûr avec la beaufaille décomplexée au pouvoir qui n’a peur de rien, surtout pas de se conduire comme une ***###, je vous laisse libre de la qualifier d’anathèmes largement mérités.
On arrête là pour aujourd’hui
On arrête là pour aujourd’hui, une horreur chasse l’autre, a-t-on l’impression, en fait non, toutes les merdes évoquées plus haut ne se chassent pas l’une l’autre, elle s’agrègent, et aussi au « reste » non évoqué ici, dans une sorte de maelström quasiment surréaliste tellement c’est la ***### ! Nous vivons un moment de l’Histoire authentiquement monstrueux, le tout étant d’en sortir par le progrès et non comme nous le promet le système actuel les deux pieds devant.
Groupe Nada / Toulon